EXPOSITION DU 17 SEPTEMBRE AU 19 NOVEMBRE 2022
SUR UNE INVITATION DE JUSTINE ROCH

 

Jeanne Berbinau Aubry développe un travail de sculpture et d’installation où l’étude de la matière et de ses distorsions potentielles occupe une place fondamentale. Décortiquant mécanismes et phénomènes autant que concepts et pré-requis, elle en détourne les manifestations à la fois physiques et symboliques pour les mener vers des alternatives souvent paradoxales à leur destination première. 
 

Pour sa première exposition monographique, Jeanne Berbinau Aubry présentera une série d’œuvres composées de gaz, liquides, solides et plasma, qui donneront à voir tous les états de la matière, dans des situations souvent instables et favorables à la métamorphose. 

« Un vieil adage alchimique prescrivait de rendre le fixe volatil, puis de répéter cette opération dans l’autre sens. Chez Jeanne Berbinau Aubry, la sculpture est une histoire de changements d’états : de la sublimation à la condensation, de la fusion à la solidification, de la liquéfaction à la vaporisation ou inversement. S’il faut bien des failles pour laisser passer la lumière, comme le suggère le titre de sa première exposition personnelle, l’artiste teste la résistance et la réversibilité de ces changements d’états pour rendre vivant ce qui semble inerte, traquer l’effet et aller sans relâche vers la difficulté. Pour ce faire, elle travaille principalement le verre en jouant de sa vraie-fausse apparence, entre brillance et fragilité, transparence et opacité. Se partageant entre des expérimentations ancestrales et la technologie la plus actuelle, chacune des ses œuvres se compose de forces diverses et de plusieurs champs d’actions : la simultanéité entre une volonté, une matière, un mouvement et un espace troublera l’ordre des choses. Au sein de ces objets récupérés ou prélevés s’esquisse un combat tant physico-chimique que symbolique qui repousse les limites de la technique et par lequel le souffle insurrectionnel de la matière peut jaillir à tout moment. » 

Marianne Derrien

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Diplômée en 2015 de la Villa Arson à Nice, elle obtient la même année le prix de la jeune création de la Fondation Bernar Venet, puis intègre La Station, artist-run-space installé dans les anciens abattoirs de la ville de Nice en 2016. Parallèlement à cela, elle participe à des projets d’exposition en France et à lʼétranger, ainsi qu’à des programmes de résidence comme dans l’Himachal Pradesh en Inde, à la Villa Médicis à Rome, où à la Cité Internationale des Arts à Paris.