07.03 — 09.05.26
Amandine Arcelli, Sosthène Baran, Tamaris Borrelly, Sacha Cambier de Montravel, Louis-Paul Caron, Maëlys Chavant, Cédric Esturillo Cacciarella, Sylvain Le Corre, Lou Motin.
Empruntée aux paroles de 2 + 2 = 5 de Radiohead, équation impossible devenue slogan de soumission dans 1984, l’exposition collective January has April’s showers interroge une dissonance désormais ordinaire : celle d’un monde qui préfère l’absurde à la remise en question, le confort à l’effort de penser.
L’exposition s’ouvre sur la catastrophe en cours, sur les ruines de promesses non tenues et d’idéaux pervertis. La dystopie n’est plus une projection : elle est un état. Tandis que certains continuent de jouir des plaisirs de la vie et de croire aux récits modernistes, d’autres choisissent le désordre, les marges. Quelque chose persiste.
Les vestiges deviennent matière de mémoire. Ils interrogent les formes d’archivage du monde, sa traduction en fragments. Que fait-on de ce qui reste ? Comment habiter l’après, quand le tout n’est plus accessible, quand le sens se recompose par éclats ?
L’exposition affirme la capacité de la fiction à déplacer les imaginaires. Elle revendique la possibilité de restituer à l’utopie sa puissance politique et poétique, non comme promesse naïve, mais comme force active de reconfiguration du sensible.
À l’heure où les discours de l’effondrement, écologique, politique, technologique, symbolique, saturent l’espace public, l’exposition invite à reconsidérer la ruine. Non plus seulement comme vestige mélancolique d’un monde perdu, mais comme espace de projection : une zone de friction, un seuil instable où coexistent la trace et le germe, la fin et le recommencement. Le monde est fini et ne l’est pas ; tout dépend des histoires que nous nous racontons, et de celles auxquelles nous consentons à croire.
Dans un monde habitué à fantasmer sa propre disparition, il devient nécessaire d’inventer d’autres images, d’autres langues, d’autres futurs habitables. Ni prophétie ni consolation, January has April’s showers revendique la science-fiction et l’utopie comme des expériences de pensée : des espaces de liberté où s’inventent d’autres manières de percevoir, de relier et de faire monde.
“Le monde présent, […], c’est l’ultime épreuve, il se rompra comme s’est déjà rompu, dans un craquement qui sera celui de la terre, des eaux, des astres réunis, et comme un coquillage qui s’ouvre, il montrera de nouveaux paysages.”
Tabor de Phoebe Hadjimarkos Clarke
AUTOUR DE L’EXPOSITION
| VISITE COMMENTÉE |
tous les sam à 14h30, tous publics, 45 min
| LECTURE PERFORMÉE |
une proposition de Guillaume Dorvillé, artiste enseignant et des étudiant·x·es de première année
en partenariat avec l’ESAAA, dans le cadre du Printemps des Poètes
jeu 12.03 à 18h30, tous publics, 1h
| POINT PHILO |
jeu 26.03 à 18h15, avec Thibault Duval-Molinos, dès 15 ans, 1h
| ATELIER FAMILLE |
sam 28.03 et 09.05 à 10h30, dès 5 ans, 1h30, 5€
| RAMÈNE TON DOUDOU |
visite contée sam 11.04 et 02.05 à 10h30, dès 2 ans, 30 min
| VISITE EN LANGUE DES SIGNES FRANÇAISE |
sam 18.04 à 14h30, tous publics, 45 min
| REGARDS CROISÉS #15 |
avec l’artothèque des médiathèques d’Annecy et le Théâtre des collines
DOCUMENTS
Livret d’exposition
Livret Facile à lire et à comprendre (FALC)
Dans la bibliothèque de l’exposition
Regards croisés #15