L’expo
Au mât du navire des fous // Elodie Régnier // du 4 mars au 29 avril 2012
Elodie Régnier nous invite à explorer le monde. En effet, en perpétuel mouvement, elle capte de près ou de loin avec son appareil photo, sa caméra ou son téléphone portable (Chroniques) ces moments qui mis bout à bout constituent la trame de la vie.
Ces enregistrements d’instants volés sont répertoriés par destinations (Triptyque Saintes Maries de la Mer), thèmes (Children dont Machine à laver fait partie), concepts ou atmosphères (Pannes du jour dont sont extraites les images de Spreepark).
Puis ils sont réinterprétés au grès de ses envies par le dessin (Beauduc ou Eugene Dinosaur Crane), par des montages vidéos (Congo/Tchad) ou par des juxtapositions de photographies qui se répondent entre elles directement tel Diptyque mais également s’interpellent au sein de l’exposition par leur disposition dans l’espace.
L’image vogue ainsi Au mât du navire des fous, fluctuante, mouvante car dans le travail d’Elodie Régnier rien n’est fixe et définitif.
En témoigne les dessins réalisés au blanc d’Espagne sur les vitres du Point Commun qui sont amenés à disparaître (So Rock etFuckette).
Ou encore ses cartes postales en libre distribution, offertes par l’artiste au public, comme autant de visions de lieux (Marseille) et de personnes (Spiderman et princesse) destinées à circuler et à voyager. Rencontres improbables d’univers disparates qui interrogent notre regard par des mots (Je ne suis pas seul(e). Il y a les Mots), des situations incongrues (Couché !) ou intimes (Où veux-tu que je regarde?), d’instantanés (Drapeau).
L’image est multiple, ouverte et offre de nombreuses correspondances. En constant renouvellement, comme la vidéo Spreepark le suggère : cycle sans fin d’une roue tournant à vide sous l’effet du vent dans un parc abandonné. Cette figure de proue répondant au visuel choisi pour la communication autour de l’exposition.
Ces jeux de regards sur le monde et cette liberté d’association composent une écriture poétique et singulière du visuel propre à Elodie Régnier qui est relue sous forme de texticulaires par Frédéric Lecomte et Aubin Dush.
_____________________________________________________________
Entre fiction et réalité / Scenocosme // du 27 novembre 2011 au 12 février 2012
Le couple d’artistes Scenocosme formé par Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancxt présente au point commun son exposition entre fiction et réalité du 27 novembre 2011 au 12 février 2012.
Scenocosme crée des installations qui permettent d’expérimenter des relations sensorielles et émotionnelles avec le vivant et son imprévisibilité.
Akousmaflore est la première oeuvre. Elle propose une expérience sensible avec des plantes interactives qui émettent des sons au toucher.
L’espace est ensuite consacré à un cabinet de curiosité intitulé Micro-écosystèmes : fictions d’un micro-quotidien. Il comprend des photos, des textes et des dessins. Entre fiction et réalité, il met en scène un ensemble de biotopes et de surprenants micro-organismes de notre environnement quotidien. Il s’agit d’espèces nées de l’industrialisation, de l’urbanisation et des innovations technologiques.
Ce micro bestiaire interroge nos relations avec l’invisible et ses chimères face aux morales hygiénistes actuelles.
La dernière expérience du vivant s’effectue à travers deux oeuvres :
- Echos qui mesure les reliefs du temps des cernes du mûrier. Ils sont parcourus par une tête de lecture pour dévoiler ses rythmiques sonores.
- et Écumes, une installation interactive qui révèle les textures et les remous d’une loupe de peuplier.
En distillant la technologie, Scenocosme révèle la fragilité de la vie dans des oeuvres empreintes de rêve et de poésie.
Pour en savoir plus sur Scenocosme :
www.scenoscosme.com
_____________________________________________________________
Nature / Marie Denis // du 11 septembre au 13 novembre 2011
Marie Denis nous convie à parcourir une exposition-promenade entre nature et culture : cheminer, s’arrêter, s’assoir pour regarder différemment les oeuvres et multiplier ainsi les points de vue. Cette démarche fait partie intégrante de la découverte de son travail. En effet, elle nous propose de nous perdre dans son univers sensible et poétique, ou plus exactement de nous laisser dériver et errer dans « son dédale » savamment agencé en « archipels d’oeuvres. »
Ces archipels sont composés d’une multitude d’objets de toutes tailles. Des grands formats ponctuent l’espace comme Melle Choura, sac géant constitué de plusieurs plastiques colorés, Les papiers amoureux, boîtes-herbiers fax ou encore Léon, cadre majestueux recevant des plumes de paon. Mais également de petits objets délicats demandant une observation attentive de la part du spectateur parmi lesquels se trouvent : The Village, cubes-maisons réalisés en diapositives, Fleur de calamite, aimant saisi de limailles de fer et des sphères de verre, écrins de photographies « vintage » (Giocco, Una Storia, Ladybird).
Marie Denis utilise aussi des supports variés : poupée-chiffon (The Watcher), poupée-buste (Le buste) évoquant des formes humaines recouvertes de feuillages, des maquettes (Arasement, Mastabas), des magazines (Fleur-tabouret), des annuaires (Les fossiles)… et des techniques mixtes mêlant aux pratiques artistiques traditionnelles, des savoir-faire artisanaux : objets-sculptures (La main de Fatma), photographies (Luce, Le sachet de thé, Lady bird-domino), lithographie (H.R, l’Herbier Ruthène), peinture (Première peinture), vidéos (Que Sas ?, Floralies), couture ou assemblage délicat, déclinant une approche contemplative, troublante ou cocasse.
Différents matériaux naturels inspirent tout particulièrement Marie Denis : plumes (Astérix’Spirit, Black Swan), nénuphars (Ironing), palmier stabilisé (La tiare), autant d’éléments que l’artiste s’approprie, détourne, et « dompte » afin de créer des pièces uniques. Ces matières peuvent être aussi réemployées, réinterprétées et déclinées au fil du temps : « une manière de réinjecter de la recherche dans des formes déjà travaillées. »
Par sa diversité et sa richesse, l’ensemble constitue un cabinet de curiosités contemporain qui suscite l’émerveillement. Les objets hétéroclites et composites de l’univers de Marie Denis procurent une sensation d’inquiétante étrangeté :
Décalages de taille, glissements de sens, détournements d’objets du quotidien, et emploi de matériaux fragiles ou précieux, pour une promenade inédite et sensible…

_____________________________________________________________________________________
Affaires internes / Céline Tuloup // du 12 juin au 24 juillet 2011
Après une résidence de deux mois au Point Commun, Céline Tuloup nous présente son exposition affaires internes du 12 juin au 24 juillet prochain.
Elle nous accueille par une installation qui se compose de sculptures-objets. Des boîtes cubiques blanches de différentes tailles, individuelles ou collectives, constituent un ensemble de constructions qui semblent au premier abord hermétique. Pourtant, de petites ouvertures sont pratiquées dans ce structures, des oeilletons révélant des scènes quotidiennes.
En effet, s’interrogeant sur les rapports qui existent entre espace privé et espace public, Céline Tuloup a rencontré des habitants et leur a proposé de poser dans leur intérieur le temps d’une prise de vue. Les personnes photographiées ont choisi leur mise en scène. La pose devait cependant témoigner de leur rapport à leur habitus et par conséquent montrer une part de leur intimité.
Ces photographies ont été ensuite découpées par l’artiste afin de recréer un espace scénique composé de plusieurs plans successifs. Cette démarche a permis de mettre en place la distanciation nécessaire entre la représentation et le public, rappelant qu’il s’agit d’une scène posée et figée dont l’interprétation est laissée libre, chaque spectateur pouvant inventer sa propre fiction face à l’image.
Céline Tuloup met ici en tension le concept d’isolement inhérent à l’espace privé et l’ouverture nécessaire au vivre ensemble.
Avec ces affaires internes, elle met aussi en lumière la disparition des contours entre sphère privée et publique, dissolution liée aux nouvelles technologies facilitant la diffusion en temps réel d’informations personnelles au plus grand nombre (blogs, forums, réseaux sociaux, télé-réalité…) et notre oscillation constante à être acteur-voyeur.
Ce rapport à l’intime se retrouve dans la seconde installation évoquant une salle à manger avec sa table dressée. En observant de plus près la nappe et les serviettes exposées, des tâches de formes et de couleurs variées, en relief, se détachent sur le tissu. Il s’agit de broderies réalisées par l’artiste, qui pratique cette activité de manière journalière. Ces dessins abstraits brodés ne sont pas sans rappeler les tâches du fameux test de Rorschach dans lequel la personne questionnée interprète les formes qui lui sont montrées. Ce rapprochement est conscient et voulu par Céline Tuloup qui s’intéresse au domaine de la psychanalyse par ses recherches sur la mémoire et la disparition.
Ainsi, souvenirs, rêves et associations d’images ou d’idées affleurent dans cette vision sensible et délicate de l’univers domestique.
___________________________________________________________________________________________
L’extension de la ligne / Adrien Couvrat // du 17 avril au 29 mai 2011
Adrien Couvrat nous plonge dans un univers coloré
Utilisant la peinture et les nouveaux médias numériques, son travail est basé sur l’étirement d’images en lignes, formant des compositions abstraites.
Les couleurs et lumières obtenues génèrent des sons dans ses propositions multimédias. Il explore ainsi le phénomène de la synesthésie, à savoir l’association spontanée par correspondance de sensations appartenant à des domaines différents.
« J’essaie de combiner peinture et médias numériques en créant un dialogue entre les deux tout en conservant une cohérence. J’opère un déplacement de la peinture vers une forme d’abstraction audiovisuelle et numérique. J’étudie les codes des langages pictural et musical en tenant de mettre à jour leurs points de convergence sensible. Pour ce faire, je crée des programmes qui agissent en temps réel et génèrent à l’infini de nouvelles compositions. »
Images et sons se répondent pour créer une atmosphère enveloppante. Celle-ci est propice à la contemplation de paysages abstraits hypnotiques se développant à l’infini dans la projection qui est proposée dans l’espace café du point commun.
L’installation plastique mise en place dans la salle d’exposition marque quant à elle un retour à la peinture de la part de l’artiste, une vingtaine de plaques peintes au propulseur jouent sur la ligne et ses variations colorées. Verticalité, horizontalité se combinent pour former une « extension de la ligne ». Face à ces plaques, des cordes musicales interactives sont disposées permettant par simple effleurement d’émettre des sons. Il s’agit pour l’artiste de proposer une immersion visuelle et sonore.
Ce travail sériel pose la question du début et de la fin, du caractère aléatoire et du choix de l’artiste.
____________________________________________________________________________________
Black Hole/Johan Parent // du 30 janvier au 27 mars 2011
Une voiture se remplit de fumée. Des néons, une lampe, clignotent sans être reliés à une source électrique. Une cimaise diffuse une lumière intermittente. Des hauts parleurs autonomes parasitent l’espace sonore d’un grésillement insistant. Des vidéos témoignent de l’emballement d’une imprimante, du fonctionnement en vase clos de pompes à essence ou encore de la mise en service, à vide, d’une station de lavage. Une série de dessins projettent des situations analogues comme autant de désordres à venir…
Chaque objet de Johan Parent fonctionne de manière autarcique mais son mouvement trouve un écho dans les rythmes d’installations voisines. Pas de chef d’orchestre pour harmoniser l’ensemble, pas d’unisson, plutôt une propagation de la perturbation. Chaque pièce est suffisante et vaut pour le tout. ILKS : Un groupe d’entités qui ont des caractéristiques communes telles qu’elles peuvent être regroupées. Cette définition proposée par l’artiste définit l’accrochage. Les machines sont conçues autonomes, solitaires, indifférentes les unes aux autres mais étrangement semblables. Elles se meuvent sans but précis, leur action est dépourvue de finalité. Elles reproduisent les secousses onanistes de machines célibataires et excitent en conséquence l’espace. Tout vibre et agit de manière agressive sur nos sens, comme une irritation qui persiste, un excès de stimuli qui génère plus de gène que de volupté. Tout vibre mais la chair est triste, contenue, bridée. La sensualité est déplacée. Elle n’est plus le fait de situations corporelles mais s’incarne dans l’objet qui la caricature. Elle n’est pas l’expression d’un érotisme assumé mais d’un dérèglement. Elle subsiste par procuration. L’ouverture à l’autre est réelle mais n’est pas une solution. Les oeuvres des artistes convoqués se positionnent en miroir. Elles traduisent de différentes façons un même symptôme et ramènent au centre. Pas plus d’échappatoire que d’horizon. L’espace visuel est saturé ou brouillé (clignotement, brouillard, fumée), autant que l’espace sonore (friture, parasites, acouphènes). Les situations proposées relèvent de l’enfermement (circuits clos, répétition, mise en boite ou en bocaux). Du coup, le plaisir nait de la contrainte et de la frustration. La jouissance du pot de peinture de Didier Hébert-Guillon est limitée par l’effet ventouse des substances siccatives de la matière picturale. Celle du fauteuil d’Amandine Zaïdi procède de l’entrave, de la suspension par les cordes qui en entament et boursouflent le revêtement comme elles le feraient de la chair. La forme collective de production, qui relie parfois le travail de Johan Parent à celui d’autres jeunes artistes, Emilien Adage, Florian de la Salle, Michael Paris, accentue la tension, propage le dysfonctionnement en élargissant le cercle mais l’étoilement reste contracté. Les dispositifs traduisent avant tout les troubles obsessionnels et compulsifs d’une époque, la limite des gestes et la déperdition de leur sens à partir du moment où ils sont transposés dans l’objet et mécanisés.
Black Hole place le spectateur dans un champ gravitationnel qui aliène son attention. Le risque à prendre passe par l’immersion. Il s’agit de céder à la contamination, se laisser pénétrer du trouble jusqu’au bord du trou noir, en ce point précis où l’on perd le contrôle.
Claire Viallat-Patonnier, janvier 2011
________________________________________________________________________________________________
Image/magie // 14 novembre-23 janvier 2011
Philippe Astorg, Christophe Fiat, Marie Hendriks, Véronique Hubert, Brigitte Laurendeau, Pascal Lièvre, Frédéric Nakache, Agnès Roux, Pilvi Takala
Du 14 novembre 2010 au 23 janvier 2011, le point commun accueille l’exposition image/magie, concoctée par Annie Auchère Aguettaz, de l’association images passages qui œuvre à la diffusion des arts visuels et numérique contemporains. L’association C.va.D en s’associant à ce projet poursuit son objectif d’ouverture, de partage et de médiation autour de la création contemporaine.
Cette exposition consacrée à la vidéo évoque le monde de l’enfance et de ses héros dans toute sa complexité. A travers le miroir déformant image/magie, les univers proposés par les artistes nous plongent dans une atmosphère trouble d’émerveillement et d’inquiétude, de pureté et d’ambiguïté transgressive.
Il s’agit d’interroger le réel, ou sa perception, par le truchement du rêve et de l’imaginaire.
Pilvi Takala en Blanche-Neige dans Real Snow White (2009) s’invite à Disneyland…et nous offre une dénonciation subtile d’un système mercantile basé sur une féérie orchestrée…
L’installation vidéo de Marie Hendriks Et si les rêves flamands rapetissaient…? (2008) oscille entre vraisemblance et merveilleux. Histoire familiale fictive qui tel un conte permet de remonter le temps, de se transformer et de se fondre dans un décor baroque.
Dans Try walking in my shoes (2006), Frédéric Nakache met en scène une petite fille qui rugit comme un lion et se transforme en… Se trouve-t-on face à un masque ou à sa vraie nature ?
Sous forme de ritournelle, Christophe Fiat questionne la figure héroïque dans sa performance filmée Le retour de Batman (2009).
Cette figure emblématique est également le sujet retenu par Pascal Lièvre dans Batman is Jacques Derrida (2009). Le héros face caméra dit un extrait de L’écriture et la différence dans lequel le nom d’Antonin Artaud est remplacé par Batman.
Phippe Astorg avec Même pas peur (2010) nous entraîne dans une promenade fabuleuse intemporelle et infinie.
Véronique Hubert, la fée Utopia dans Berceuse (2008), se situe entre réalité et fiction, l’onirisme d’un monde ré-enchanté…Son slogan, son cri « Je suis toute petite ».
Agnès Roux, dans sa performance-vidéo On the road (2008-2010), incarne Agnus, personnage imaginé de toute pièce.
Brigitte Laurendeau, à travers ses brèves performances-vidéos, réactive le fantastique en faisant basculer le quotidien dans l’imaginaire, les gestes deviennent irréels et les objets des outils d’accession aux rêves…
http://www.imagespassages.com
http/www.fredericnakache.com
http://christophe.fiat.free.fr
http://www/lievre.fr
http://veroniquehubert.free.fr
http://agnesroux.com
http://www.brigittelaurendeau.com
http://www/pilvitakala.com
photos : Agnès Roux
__________________________________________________________________
90°, le problème de l’angle droit / Zoé Benoit / du 11 septembre au 7 novembre 2010
Carte blanche a été donnée à Zoé Benoit pour interroger le regard que nous portons sur le lieu : « Basculons la tête à 90°. L’horizon gratte le ciel. Les arbres se couchent en bancs. Abscisses et ordonnées s’inversent. Comment se repérer sous ce nouvel angle droit ? »
Perte d’équilibre, basculement dans une dimension autre mais familière… L’association poursuit ainsi son objectif de « cultiver une vision artistique différente » en proposant de découvrir la création contemporaine dans la diversité de ses médias et de ses styles, dans la transversalité de ses pratiques, dans sa confrontation directe entre artistes et publics et dans l’expérimentation physique des œuvres.
En effet, le travail de Zoé Benoit emprunte à l’architecture, à la sculpture et à la peinture, il perturbe notre perception « habituelle » et « quotidienne » de l’espace parcouru, fréquenté et vécu. Art in situ qui se nourrit de ce qui est par un sens de l’observation aigu et une compréhension du contexte spatial et social, le travail de Zoé Benoit offre une approche sensible du terrain.
Les trois pièces qui se succèdent en enfilade au Point Commun créent une impression de linéarité, scandée par le rythme régulier des baies vitrées. L’artiste intervient pour modifier par un léger décalage nos repères conventionnels et fonctionnels.
Dans le café, « l’horizontalité » est remise en question par l’installation « Vertical Horizon », composée de cordes mexicaines de couleurs vives pendues au plafond. Cette disposition, rappelant la chute d’une pluie de rayons tropicaux, attire le regard, le dirigeant vers la mezzanine, nous prenons de la hauteur.
Dans la salle d’exposition, l’installation « Superparallèles » par son système de grille cloisonne et restructure l’espace. Elle joue sur notre cheminement visuel et corporel, de nouveaux cadrages et limites apparaissent. Une série d’images, les « Terrains d’entente« , complète ce dispositif. Des bandes de vénylia, de scotch, de papier de soie et de peinture se répartissent sur ces images en variant leurs positions en avant ou arrière-plan, constituant des partages de plans en entrant en résonance avec la structure.
Enfin, « Uno-puissance 3 » est constituée d’une tablette où se logent trois globes en verre soufflé. La boule de cristal, annonçant l’avenir, est triplée : passé, présent et futur se côtoient et déroutent notre lecture temporelle mais aussi notre approche spatiale : l’orthogonalité de « Superparallèles » se courbant dans les reflets du verre, peut-être pour résoudre le problème de l’angle droit ?
_________________________________________________________________________________
Le temps suspendu/Clément Borderie/du 20 juin au 18 juillet 2010
Invité par l’association C.va.D, l’artiste Clément Borderie présente son exposition « le temps suspendu » au point commun du 20 juin au 18 juillet prochain.
Découvrir cette exposition, c’est entrer dans la démarche atypique du processus de création de cet artiste. En effet, Clément Borderie compose avec le lieu et le temps.
Il installe ses matrices, structures métalliques aux formes variées (circulaires ou rectangulaires…) conçues et construites par lui-même, dans l’espace qu’il investit temporairement pour capturer l’atmosphère du lieu. En effet, sur ces matrices, une toile vierge est tendue. Au fil des jours, des mois, elle se marque imperceptiblement de traces déposées par les éléments météorologiques et la flore avoisinante. Puis l’artiste choisit que le temps a fait son œuvre, défait la toile dépositaire et la tend sur un châssis afin de l’exposer.
Ainsi, Clément Borderie a déposé une de ses matrices dénommée « L’aile » (en raison de son aspect aérodynamique) le jour de l’inauguration du point commun le 23 janvier dernier.
Après 5 mois d’installation, le travail du temps devient perceptible offrant au regard un camaïeu « rouille », l’humidité ayant fait remonter en surface les composants chimiques du fer. De cette altération du support par l’air qui s’inscrit sur la toile se dégage une certaine poésie.
Plusieurs toiles issues de cette même matrice, qui a voyagé et été déposée à des endroits différents, sont exposées et viennent témoigner de la diversité des climats et des environnements.
Un documentaire vient compléter l’ensemble. Ainsi, œuvre en devenir, démarche et résultats se donnent à voir.
Cette exposition clôture un semestre de découvertes et de rencontres artistiques au sein du point commun et résume notre choix de montrer la multiplicité des propositions faites par les artistes pour s’inscrire sur le territoire et révéler la richesse du quotidien qui nous entoure.
_________________________________________________________________
Séquences photographiques /Céline-Eléonore Froidevaux /du 25 avril au 13 juin 2010
Invitée par l’association C.va.D pour une résidence de deux mois, l’artiste Céline-Eléonore Froidevaux présente au point commun le résultat de ses recherches du 25 avril au 13 juin.
Aimant aller à la rencontre des gens et travailler sur son environnement direct, Céline-Eléonore Froidevaux interroge notre regard sur le quotidien, en déplaçant les points de vue. Elle enregistre par la photographie ses déplacements et capture l’essence des lieux et l’influence des mouvements sur la perception de l’espace.
Elle propose ici plusieurs séries ou séquences photographiques qui résultent de ses promenades guidées à Cran-Gevrier. Accompagnée par un habitant, l’artiste découvre les différents quartiers de la ville puis témoigne de cet échange par une restitution plastique.
Ces séquences sont composées par une juxtaposition de photographies numériques, dont le montage demande un travail minutieux de sélection, de cadrage et de mise en forme. Céline-Eléonore Froidevaux « jouant et recréant avec ces images pour les donner à percevoir. »
Cette démarche s’inscrit dans la recherche actuelle de Céline-Eléonore Froidevaux.
Au centre de cette exposition, se trouve une série consacrée aux rues de La Chaux-de-Fonds, son lieu de résidence.
Le dispositif est complété par des eaux-fortes (gravures sur cuivre) de ces architectures, habitées par des collages (des pages de bottin qui évoquent les personnes vivant dans ces bâtiments), non plus juxtaposées mais superposées, faisant parcourir au spectateur la rue qui se déploie devant lui.
Et pour suivre le travail de Céline : http://c.e.f.over-blog.com
Photos : Victor Savanyu (http://www.savanyu.ch)
________________________________________________________________________________________
Alentours / une exposition de Clara Fanise, du 7 mars au 18 avril.
dessins et installation
Invitée par l’association C.va.D pour une résidence de six semaines, l’artiste Clara Fanise présente au point commun le résultat de ses recherches du 7 mars au 18 avril prochain.
Possédant un sens de l’observation certain et une remarquable maîtrise technique, Clara Fanise travaille sur le motif ou photographie préalablement son sujet, pour restituer par ses dessins minutieux sa vision de la réalité.
De l’atelier (kinesphères ou autoportraits) aux quartiers avoisinants (passants au miroir du quartier Renoir), elle représente son environnement immédiat et les lieux qu’elle parcourt (tableau à remplir consacré au marché d’Annecy). Cette recherche de proximité et d’exploration lui permet de s’approprier l’espace et d’entrer en contact avec les personnes qui l’habitent et/ou le traversent.
Ses « alentours » interrogent donc notre rapport au monde, approches personnelles, visions communes, frontières fluctuantes entre privé et public. Quels regards portons-nous sur notre paysage quotidien ?
Les genres et dispositifs employés sont variés : autoportraits, « portraits » de quartiers, instantanés de vie, fragments d’univers… mais la présence du corps dans l’espace reste primordiale.
Clara Fanise se livre ainsi à des autoportraits surprenants : dessiner ce qu’elle voit de son corps lorsqu’elle s’assoit au milieu de sa feuille de papier et qu’elle multiplie les positions en tournant sur elle-même, laissant vide la partie centrale qui marque sa présence, par l’absence de représentation.
Elle joue dans ses passants au miroir sur les points de vue en introduisant dans son dispositif de captation du réel un miroir, porté par une personne l’assistant. Sorte de mise en abîme, elle visualise et fige dans ce cadre réfléchissant, par une prise de vue, l’espace situé derrière elle, son reflet parfois s’introduisant dans cette composition. Ce décalage introduit un questionnement sur la place que nous occupons en tant que spectateur-acteur, de passant-contemplateur.
Dans sa volonté d’échange et sa réflexion sur la place occupée par chacun, Clara Fanise offre la possibilité aux spectateurs de participer à l’acte de création en coloriant, selon des instructions très précises, certains de ses dessins – les tableaux à remplir.
Enfin cette réflexion sur la présence physique de l’artiste et du spectateur entraîne un développement de son travail vers l’installation : expérimentation corporelle de l’objet artistique, qui projette le spectateur dans le dispositif.
__________________________________________________________________________________________
le cri du rêve, l’écrit des rêves, du 23 janvier au 28 février 2010.une exposition de Sigrid Coggins
avec le collectif Irkoutsk
Cette exposition s’inscrit dans un projet plus vaste de la plasticienne Sigrid Coggins sur la thématique des rêves. Après avoir « récolter » les rêves des habitants de Cran-Gevrier en amont de la Fête d’Automne 2009, au moyen d’un répondeur, l’artiste en propose une restitution, sa vision.
Elle invite également le collectif Irkoutsk à en offrir une interprétation plastique, à les matérialiser. Chaque artiste intervient de manière très variée : Niala Echavil – Jean-Pierre Montmasson avec un « carnet de voyage (iranien) », Christophe Miralles, Régine Raphoz et Marc Limousin avec des installations, Denis Vidalie avec ses photographies et Jean Favory avec une pièce électroacoustique.
Ainsi, différents supports et médiums se répondent.

Sigrid Coggins, artiste plasticienne
« Je rêve que »
Interactivité, vidéo et multimédia, lumière noire et pierres préparées font partie des matériaux de prédilection de Sigrid Coggins pour la réalisation d’installations, de performances et d’œuvres évolutives faisant intervenir le spectateur : du rôle du regardeur à celui d’acteur. Les matériaux recueillis sont réinvestis dans de nouvelles œuvres, entrant en résonance avec des créations précédentes, selon un principe de relais.
Sigrid Coggins expose son « Pierrot lunaire » en vidéo, nous fait devenir acteur grâce à son « Ephémérides » et ses « gestes enchaînés », nous fait voir et entendre autrement nos rêves au moyen de diverses installations : « Je rêve à la loupe », « Pierres de télévision »…
Jean-Pierre Montmasson, aquarelliste-voyageur
Niala Echavil, artiste plasticien
« Je rêve que je rêve que je rêve que »
Passionné de voyages et de peinture, architecte à Annecy, ancien élève de l’école des Beaux Arts de Paris, le carnet de voyage en poche, Jean-Pierre Montmasson parcourt depuis plus de vingt ans ces lieux où vibre le monde.
Il délègue le soin de prendre en charge un rêve à Niala Echavil, qui s’appuie alors sur l’idée des carnets de voyage. Son interprétation développe neuf mondes vus de dessus, neuf effets de foules survolées. De ces neuf sphères, six sont issues de ses propres voyages récents. Trois autres visuels présentent, en diagonale, des images anonymes, extraites de blogs internet illustrant les manifestations anti-gouvernementales en Iran.
Christophe Miralles, peintre
« Je rêve qu’une main me touche le cou, remonte le long de ma nuque, et sous mes cheveux, jusqu’au sommet du crâne, s’ouvre en éventail, descend sur le côté, revient au sommet, redescend, remonte, et là… »
Peintre vivant et travaillant à Annecy, Christophe Miralles questionne actuellement la notion de « portrait », il cherche à « créer une rencontre entre toile et public ; il réfléchit à la forme qui pourra le mieux inciter celui qui regarde à s’interroger sur sa place dans la société. /…/ Pour dévoiler uniquement l’humain, il recherche, dès l’ébauche de chacune de ses toiles, l’effacement, l’information minimum. »
Marc Limousin, artiste plasticien
« Je rêve de toi de la part que je ne connais pas »
Après avoir été maquettiste illustrateur, graphiste et infographiste indépendant, fondateur et dirigeant de l’agence de communication visuelle White Spirit et co-fondateur, associé et directeur artistique du studio de production multimédia et de design interactif In Visio Dramaera, Marc Limousin se consacre aujourd’hui pleinement à la création (huiles, encres, techniques mixtes, installations et art nature), parallèlement à son travail de formateur enseignant à l’Ecole de l’Image des Gobelins d’Annecy.
Régine Raphoz, artiste plasticienne
« Je rêve de l’odeur des violettes l’hiver sous la croûte de neige »
Le travail d’atelier de Régine Raphoz explore des techniques mixtes autour du textile et engendre des sculptures apparentées au primitivisme. Les matériaux utilisés, sont toujours d’origine naturelle. Creusant l’idée selon laquelle il existe un rapport nécessaire et réciproque entre l’œuvre et le lieu où l’on en fait l’expérience, c’est un engagement pour le règne végétal qui a orienté sa démarche vers l’intervention in situ, en nature.
www.plasticiens-paysdesavoie.fr
Denis Vidalie, photographe
« Je rêve d’avoir des ailes pour observer le monde d’en haut et rire librement »
Auteur du livre d’images aériennes panoramiques sur le Mont-Blanc, la Savoie et la Haute-Savoie : Les Passages de l’infini, Denis Vidalie photographie la beauté de la nature (lacs, sommets, paysages insolites), captant les variations climatiques des saisons et les différentes lumières.






























Posts